Moi …

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Moi. Une tite nana qui vit le jour un 20 décembre 1992 et qui 16 ans plus tard crée cette page virtuelle pour tenter de mieux se retrouver et mieux se comprendre. Physiquement, je mesure 1m63, une taille anodine mais dont seuls les 3 derniers centimètres sont véritablement important car se sont les 3 centimètres qui font que je dépasse ma maman. Détail bizarre que j’ai toujours trouvé très important. Il fallait que je dépasse ma maman. En riant, j’ai pour habitude de dire que ces 3 centimètres déterminaient mon statut de chef. Humour ou ironie ? Quel que soit le nom, je n’en reste pas moins consciente que sa n’a jamais rien changé et pourtant… c’est important. Mes cheveux sont bruns et oscillent entre lisse et frisé. J’ai grandis avec, comme cadeau du ciel, deux adorables mèches crépues sur le devant de mon crâne. Un gêne a du s’égarer pour venir s’implanter en moi. Le reste de ma chevelure était agréablement bouclée. Chose dont mon complexe envers ces deux mèches traitresses m’a toujours empêché de remarquer. Et depuis mes 13 ans, je mêne une véritable guerre pour atteindre cet idéal qui était pour moi les cheveux lisses. Résultat obtenu à 15 ans grâce au fer – à – lisser. Mon poids? Sujet tabous évidement… Mes yeux sont bleus ou vert en fonction du temps ou de la lumière qui vient si refléter. Ce sont ceux de mon père. Ma fierté. J’ai réussis à échapper aux gènes des yeux marron de ma maman. Même si je suis sur que quand je me suis baissée pour l’éviter j’ai heurté de plein fouet le gêne des mèches crépus. Mes sourcils… fin, droit… je suis épargné de la corvée esthéticienne. un pur délice à annoncer… Le reste de mon corps peu, me semble-t-il, être ignorer. Après le physique vient le caractère. Je suis… à l’écoute des gens. Les gens se confient beaucoup à moi et je leur en suis toujours reconnaissante. Je trouve que s’est très touchant quand quelqu’un vous parle de sujets qui lui sont personnels voir même dur à exprimer. Je sais garder un secret… chose utile. Je sais être un bon psy’. Je suis gentille, ou du moins je crois. On me dit drôle et déluré. Mais il est toujours plus facile de parler de ses qualités plutôt que de ses défauts. Mais mes défauts… une liste considérable. Je suis impatiente, stressée, complexe, incapable de parler de mes problèmes. Et je suis toujours à la recherche d’une explication. Je suis agaçante aussi et clairement lourde par moment. Je suis obsédée par l’image que je renvois et je détermine ma vie dans l’idée d’éviter tous conflits. Tout le monde doit m’aimer et personne ne doit me détester.
Je suis moi. Une qualité et un défaut.

Inspiration Nocture

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On pourrait l’appeler l’inspiration nocturne, car sous la lune et ses rayons cireux, mes doigts prennent vie et tapote sur la clavier avec cet automatisme caractéristique de l’improvisation.
Sur mon balcon, à l’abris des regards, mon masque se craquèle, se mouille, et laisse mon vrai visage se montrer à l’astre unique spectatrice.
Mes escarpins sont renversés à quelques mètres dévoilant leurs semelles rouges qui les rendent si adorable. Mes pieds recouverts d’un voile sombre sont étiré et repose sur la rambarde soulageant mon dos martyrisé par le délire qu’est ma vie.
Ma robe marinière Chanel à rencontrer mon sweet, trop gris, trop grand, trop porté, trop aimé. Un contraste entre luxe et confort.
Une bouteille de champagne à moitié entamé, à moite déguster par ma famille dans l’après midi, verra ses derniers instants arriver plus tôt, dans mon gossier, bus au goulot. Le liquide âpre et amer, m’électrise comme à son habitude. Mes doigts prennent de la vitesse.
Une clope entre les doigts, une fumée des plus sensuels ; me voilà ; moi ; 3h00 ; une vie de folle derrière elle ; et un éternel recommencement devant elle.

Liste des courses : champagne.

J’ai Mal … Mon désir …

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J’ai mal, si mal … Je crie, si fort… depuis si longtemps… mes hurlements me semblent faire partis de moi, je ne les entends presque plus… Mon vacarme est mon silence, ma douleur est mon quotidien… J’entend une porte coulissée… premier bruit dans mon silence assourdissant… Je plisse les yeux. Docteur Tauldesse ? L’interpellée se tourne vers moi, un sourire barrant son visage. C’était la première fois, que je parvenais à l’appeler par son statut et son nom, sans qu’un de mes cris ne viennent tuer ma phrase… Malgré tout, mon silence fut de retour et son sourire se changea en une grimace d’horreur et de dégout. J’écœurais tout le monde par ma souffrance. Les humains sont égoïstes et égocentriques. Ma souffrance leurs était nauséeuse… Seule le Docteur Tauldesse accepte encore d’entrer dans ma chambre et de supporter mon silence. Tu ne veux pas de morphine ? La demande du Docteur Tauldesse interrompit une autre de mes clameurs. Maladroitement, je tourne ma tête de droite à gauche. Sa te ferais du bien… Il serait temps que tu arrêtes de souffrir, tu ne crois pas ? Nouveaux hochement de tète de ma part. Enfin, Colins… tu as un cancer du poumon ! Tu es en phase terminale ! Et tu refuses encore la morphine ? Cela fait 2 semaines que tu es hospitalisé et tu as encore 5 mois à vivre ! Tu comptes souffrir pendant tous ce temps ? Nouveaux hochement… de haut en bas cette fois-ci. Pourquoi ? De qui tiens tu tant à te punir ? Qu’as-tu fais ? Tu as un cancer du poumon parce que tu fumes ! Tu es en phase terminal par ta faute ! Tu vas crever sur ce lit à cause de ta connerie ! Tu ne crois pas que tu t’es puni ? Je lui adressai un sourire. Si elle savait ? Un cancer… Cela n’est rien comme punition. Je hais Dieu de me faire mourir de cette manière aussi douce. Je hais mes parents de continuer à payer mes soins. Je hais le Docteur Tauldesse de m’accorder du temps et de l’attention. Je voudrais crever dans la solitude, dans la douleur, dans un caniveau… Je voudrais que l’on me retrouve mort, bouffé par les rats, les cheveux mouillés par un mince filet d’eau opaque, le teint blafard, le visage figé dans une expression de douleur. Voilà. La peut-être aurais-je été assez punis. Mais ce docteur qui je voyais comme stupide pour ne pas comprendre que je voulais toujours plus de souffrance, incompétente pour ne pas m’aider dans cette quête contre le martyr, se révéla plus sournoise et maligne, je le reconnais. Tu sais que même si tu as l’impression de souffrir le plus possible, tu n’es qu’à 8 sur l’échelle de la douleur. Tu pourrais montera 10. Le summum. Je me tournai vers elle. J’étais choqué. J’avais beau réclamé de l’aide dans mon combat, je ne pouvais m’empêcher de trouver ignoble cette seule idée. Mais l’humain est égoïste et égocentrique. C’est pourquoi toute mon attention se concentra sur la jeune femme. Comment ? Mes hurlements s’étaient stoppés et mon rythme cardiaque s’était calmé. Pour la première fois, je combattais la douleur. Pour ne pas l’effrayer, pour ne pas la faire fuir, pour ne pas qu’elle parle. Ce qu’elle fit. Ok. Tu me racontes ce qui t’est arrivé, et je te donne quelque chose qui rendra tes nerfs si sensibles que la moindre caresse se transformera en brûlure. Je ne pus m’empêcher de l’admirer. Elle était d’un calme étonnant et seuls les tremblements qui agitaient ces mains dénonçaient son état de stress intense… Pourquoi ? Pourquoi vous tenez tant à savoir ? Je cherchais à gagner du temps, il fallait que je me prépare. Elle le compris et ne chercha pas à captiver mon attention ni à raccourcir son récit. Et bien… j’ai un fils… Jérôme. Et tu lui ressembles étrangement. Physiquement vous êtes l’opposé en fait, mais il y quelque chose en toi qui me fait penser à lui. Je ne saurais même pas te dire quoi mais… Elle laissa un soupir terminer sa phrase. Son explication n’avait rien de très rationnelle mais je fut obliger d’y croire. Après tout, n’étais-je pas à la recherche de la faucheuse ? Elle plongea son regard dans le mien et j’y lus comme un ticket pour le manège de la vérité et de la confidence. C’était un samedi après-midi, j’étais avec 2 ou 3 potes. On s’était retrouvé dans un parc avec 3 bouteilles. Ma mère m’a appelé pour me dire qu’elle aurait un empêchement et qu’il fallait que j’aille chercher mon petit frère. Je ne me sentais pas soul ! Alors j’ai pris la voiture. Je suis allé le chercher à l’école et en rentrant… j’ai eu un accident. Je n’ai rien eu. Je n’avais pas de ceinture mais je n’ai rien eu ! J’ai été déclaré survivant. Mais mon frère… Il avait 5 ans, il était derrière. Il avait sa ceinture… mais je l’avais mal attaché. Je l’avais juste coincé. Elle n’a bien sur pas tenu…J’ai entendu un bruit abominable, un choc suivie de verres brisés roulant sur le capos, s’écrasant sur le sol… Ma tête s’était écrasée contre le coussin de l’airbag et j’ai pris ce bruit pour celui de l’accident…Mais quand je me suis relevé, je l’ai vu… Son corps avait volé passant de l’arrière à l’avant de la voiture… Ce bruit… s’était sa tête cognant contre le pare-brise pour ensuite le traverser… Sa tête était dehors… Il est mort sur le coup. Elle ne disait rien, sa seringue pendant lamentablement au bout de ses doigts. Sa bouche délicate entrouverte comme pour gueuler la haine que je lui inspirais. Que t’es t’il arrivé ensuite ? Je suis mort à mon tour… Des pompiers m’ont sortis en premier. Ils ont tous de suite vus que je puais l’alcool. Et quand ils ont vus mon frère… je les ai écœuré… Ils ne me connaissaient pas mais je les dégoutais. Mais leurs ressentiments n’étaient rien par rapport au mien. L’alcool m’empêchait de penser à autre chose. Une torture, qui a duré jusqu’à l’arrivée de mes parents. Ma mère m’a giflé et mon père m’a frappé… Ils n’ont même pas eu la force de m’engueuler… Ils étaient anéantis. Moi j’étais mort, chaque jour un peu plus… Ma mère a fait une dépression et mon père est devenu alcoolique à ses heures… Et moi, je faisais tous pour ne plus avoir à rentrer chez moi. Je sortais tous les jours… et puis je me suis mis à fumer, fumer, fumer, et vous m’avez appris que j’avais un cancer… Ma délivrance.

Un Carré De Verdure

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Je force une dernière fois sur mes jambes et arrive enfin à la lisière des arbres. Après 5 heures de marche continue, j’y suis. La sueur coule sur tout mon corps collant mes vêtements à ma peau, formant une tâche d’un bleu sombre dans mon dos. Mon chignon ne ressemble plus à un chignon depuis bien longtemps et quelques mèches se sont plaquées sur mon front. Mon sac me déchire l’épaule et s’est dans un gémissement de douleur et de satisfaction que je le laisse s’écraser à mes pieds. Je l’enjambe et m’avance vers un carré de verdure d’une centaine de mètres. Un trou dans cette forêt infinie, une rupture dans ces lignes de sapins. Cette clairière cela faisait 16 ans que je la regardais. Tantôt de la balançoire quand j’étais enfant, tantôt des transats quand j’étais adolescente. Je lève les yeux et regarde l’immensité du paysage qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres. Je tente de repérer la maison mais sans succès, elle se perdait dans le patchwork que formaient les champs. Je sourie à l’idée que sur la balançoire ou dans les transats, les deux cousines et la sœur que j’avais abandonnée le temps d’une journée, devaient me voir sous la forme d’un point noir. Je les imaginais rirent à cet instant de ma détermination pour cette futilité. Après tout, il m’avait fallut 16 ans de contemplation pour que je me décide à y aller. Quand j’avais une dizaine d’année, moi et ma cousine invention que la ribambelle de chiens que l’on s’était imaginé partait courir sur cet alpage. Et nous gueulions dans le jardin jusqu’à ce qu’ils reviennent. Nous y tenions à ces chiens même si tout les matins nous leurs donnions de nouveaux noms car ceux de la veille avaient été oubliés pendant la nuit. En parlant de nuit, le soleil n’allait pas tarder à embrasser l’horizon et disparaître pour partir réveiller les pays ou les gens vivaient la tête en bas. Je repartis chercher mon sac et en sortie un appareil photo dernier cris. J’avais reçus l’ordre de prendre le plus de photos possible sous peine d’être privée de crêpes à vie. Et c’est sous cette menace que je passai deux heures à photographier cette clairière en m’attardant sur l’arbre immense qui trônait au centre même de prairie. Quand j’en eux terminé, la nuit avait recouvert le ciel de son manteau de nuit. Les étoiles étaient de sortie, chacune cherchant à aveugler sa voisine. La lune était pleine, sa lueur blafarde se reflétant sur les aspérités de la végétation. Je sors une lanterne et la dépose sur la couverture que j’avais préalablement installée. Je m’allonge profitant enfin de ce moment de repos absolu. Je glisse ma main dans une de mes poches et en sors une petite boite bleu ciel ou un chameau est représenté. De mon pouce, je fis glisser le couvercle en carton et en sortie un petit cylindre de 10 centimètres d’abords jaune puis blanc. Je lue sans la lire la mention « fumer tue » écrit en gras. En rangeant cette boite, j’attrape un autre cylindre plus gros dont l’une des extrémités s’ornaient d’une molette et d’un bouton. Je fit glisser cette molette et appuyais sur le bouton faisant apparaître une flamme aux reflets bleuâtres. Je l’approche du cylindre que je tenais dans ma bouche et aspire quand ils s’embrassèrent. Le silence est telle que j’entends de cylindre griller au contact de cette flamme. J’aspire une nouvelle fois faisant roussir l’extrémité du tube. J’avale et s’est en soufflant que je crache un volupté de fumée opaque. Je la regarde s’élever à la rencontre de la nuit en ponctuant son chemin de détours et d’arabesques. Elle se disperse mais je lui envoie une jumelle. Quand les dix sœurs furent nées à tour de rôle et qu’elles eurent disparut je sortie un duvet de mon sac aux bandoulières tortueuses et me glisse dedans. Je ferme les yeux me délectant des bruits que laissaient échapper la forêt.

Un Cadeau ? …

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Noel …
Toujours le même refrain, la même rengaine. Qu’est ce que vous pouvez lui offrir ? Qu’aimerait-il ? Comment lui offrir ? Ou lui offrir ? Quand lui offrir ?
Vous vous repassez tous les scénarios dans votre tête, vous analysez la moindre de ses mimiques, vous détaillez la totalité du décor … Et au fur et à mesure, vous voyez l’affiche « Open » se retourner pour dévoiler ce mot dantesque « Close » sur l’absoluité des devantures.
Votre affliction augmente de minutes en minutes alors que les mêmes scénarios plus rocambolesques les uns que les autres viennent illustrer cette cruelle question toujours irrésolue. Vous en venez presque à espérer que votre petit ami se sera transformé en un prince charmant pour qui seule votre présence le comblera de bonheur.
Finalement, vous le trouvez … cet objet. Vous êtes passé devant un nombre incalculable de fois et vous ne savez si s’est la peur, la panique, l’angoisse ou l’indécision qui rend cet objet si beaux et si parfois à vos yeux.
Mais vous vous jetez dessus et le payez sans même faire attention a son prix. Il ne vous reste pas assez de temps pour vous préparez mais vous n’envisagez toujours pas supprimer la moindre étape vers la beauté. Hors de question de supprimer vos 15 minutes de maquillage, vos 30 minutes de fer à lisser, vos 30 minutes de douches et enfin vos 40 minutes d’essayage de vêtement, … le tout alors qu’il vous rester seulement 1 heure …

    A tous les hommes qui lisent ce texte … vous comprenez enfin pourquoi es-ce que on vous donne l’impression de vous faire passez sous la guillotine à chaque fêtes que vous oubliez …
    Parce que si vous, les hommes, vous arrivez à les oubliez … Les femmes, pas nous.

Elle et Lui

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Elle n’en a rien à faire de moi. Elle dit s’inquiéter mais Elle s’en moque. Elle me demande si je vais bien mais n’écoute pas ma réponse. Elle me sourit quand je dis « oui » mais m’ignore si je dis « non ». Elle m’avait dit que sa n’irait pas trop vite, qu’ Elle ne me l’imposerait pas tant que cela me poserais le moindre problème.
Elle me l’avait dit … Et pourtant, j’ai diné une fois avec Lui et j’ai fais des efforts pour Elle, pour qu’Elle m’aime. Elle m’avait remercié, mais Elle l’a laissé venir tout un week-end. Cela aurait dut se passer doucement mais Il est revenu encore une fois. Maintenant, quand Elle m’en parle, Elle me dit « Il vient à la maison ce week-end, comme d’habitude ». Un « habitude » sournoisement placé.

Il s’installe petit à petit dans la maison et moi je le regarde sans pouvoir rien faire.
Elle, Elle, rêve d’une famIlle parfaite … Moi, ma sœur, Lui et Elle. Un tableau qu’Elle imagine sans défaut tel un tableau de maitre. Alors que moi, je le vois comme un gribouIllis sombre et inquiétant.

Je pleure. Parce que je ne veux rien dire. Parce que je ne sais pas comment faire. Parce que je le déteste.
Je croyais que je passais avant Lui, mais mon bien-être n’apparaît dans l’équation. Et bien qu’Elle mérite ce bonheur, pourquoi veut –Elle tant que je l’éprouve à mon tour ? Pourquoi doit Il venir ? Pourquoi ne pourrait t’Elle pas venir chez Lui.
Elle me l’impose alors que je ne fais que le repousser. Je le hais pour tous ce qu’ Il représente.

Mais Elle a tEllement changé … Elle qui avant était tant présente pour moi et ma sœur, sort 2 ou 3 jours de suite … 2 ou 3 jours sans la voir. Elle qui avant était si juste, suit maintenant des principes d’éducations qui évoluent selon son humeur. Elle me pardonne tout quand je me suis bien conduit avec Lui et m’ignore quand mon désespoir a prit le dessus sur ma carapace. Elle a changé et nous a fait passé au second plan.

Elle m’aime … mais Elle m’oublie.
Je l’aime … mais je m’écrase et je souffre.

La Fille du Bain …

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Elle devait avoir 8 ans. Elle était encore petite. Elle portait encore des couettes hautes attachées avec des rubans turquoise. Elle laissait encore sa mère l’habiller avec des robes et des chaussures vernies. Elle marchait encore en sautant d’un pied sur l’autre pour voir ses belles boucles brunes se soulever puis retomber sur ses épaules dans un gracieux mouvement. Elle s’était encore perdue. Elle pouvait encore rentrer, sans peur, dans une bâtisse aux volets cassés, au jardin infesté de mauvaises herbes, au portail rouillé. Mais surtout. Elle ne la connaissait pas encore.
Il pleuvait à torrent et sa seule inquiétude était destinée à sa robe et à la colère de sa maman. Elle se précipita sous le porche de cette imposante maison. Elle avait froid. Elle avait faim. Elle s’empara de la poignée en argent et la tourna. La porte s’ouvrit à son grand soulagement. Il y avait forcement quelqu’un, un adulte, puisque sa maman lui disait toujours de s’enfermer quand elle partait faire des courses. Il y avait donc une grande personne qui pourrait lui donner une serviette et un goûter. Elle pénétra dans un hall démesurément grand. La pièce était si sombre qu’elle dut plisser les yeux pour tenter de percevoir quelque chose. Elle distingua à sa droite une porte donnant sur un salon et à sa gauche une autre donnant sur la cuisine. Elle voulut aller dans la seconde pièce mais s’en empêcha. Il fallait d’abords qu’elle trouve l’occupant pour lui demander la permission. Comme aucune lumière ne lui parvenait, elle se dirigea vers le grand escalier qui lui faisait face. Elle gravit péniblement les hautes marches et un point de côté se mit à lui broyer consciencieusement les côtes. Le souffle court, elle atteignit enfin le perron. Un long couloir l’accueillit tout aussi obscure que le rez-de-chaussée. Il n’y avait pas plus de signe de vie qu’en bas mais l’escalier la découragea d’y retourner pour vérifier. Chez elle, le premier étage, ne contenait qu’une salle de bain et des chambres. Aussi, sur les quatre portes qu’elle voyait une seule était entrouverte. En s’approchant, elle vit enfin de la lumière et du carrelage. Sûrement la salle de bain. Elle toqua doucement. Comme aucune réponse ne lui parvint, elle entrouvrit la porte et glissa sa petite tête. Elle se fit violence pour retenir un hurlement. Ses jambes se mirent à trembler, ses genoux s’entrechoquèrent, ses mains devinrent moites et ses yeux se remplirent de larmes qui virent couler sur ses joues, mais elle ne put… elle ne put détacher son regard de la pièce, de la baignoire. Cette dernière était en fer forgé et se terminait en quatre pieds de la forme d’une patte de lion. Elle était remplie à ras bord. En ce mettant, sur la pointe des pieds, la petite fille vit une silhouette à l’allure féminine qui reposait au fond. Et malgré la présence de la jeune femme, aucune vibration, aucune bulle ne venait briser l’aspect lisse de l’eau. La respiration de l’enfant commençait à devenir plus régulière quand soudain, cinq taches blanches apparurent sur le bord de la baignoire. Les tâches grandirent, s’étirèrent, s’allongèrent. Enfin les cinq tâches devinrent cinq doigts qui épousèrent la forme du pourtour de la baignoire. Le tout avec une lenteur abominable. Enfin les doigts dont on pouvait déjà voir toutes les phalanges, se crispèrent faisant ressortir veines et vaisseaux sanguins. Ils appuyèrent sur la baignoire et deux seins apparurent de sous la surface de l’eau. D’un blanc cassé, ils auraient pus être beaux si d’innombrables striures rougeâtres pour certaines, roses pour d’autres ne venaient pas gâcher leurs grains si fins et si délicats. Même les tétons, pourtant d’un beau marron, auraient pus être agréable à regarder si la plus grosse des cicatrices ne barrait celui de droite. Une cicatrice d’un rouge vif, unique vestige d’une crevasse faite par le froid. La petite fille se figea définitivement. Tous son être lui criait de partir mais plus un seul de ses membres n’acceptaient de lui répondre, la rendant victime de son propre corps. Les seins flasques semblaient être trop lourd pour le buste et gênaient son ascension. Le buste ressemblait à une suite de collines ou la peau s’infiltrait entre chaque creux qui séparaient ces côtes. L’épiderme qui couvrait la peau semblait vouloir s’enfoncer au plus profond de ce corps, les hanches faisait figure de deux pics pointant vers le ciel. Ils semblaient détacher du corps tant ils montaient haut. Sa cage thoracique se dessinait avec une telle précision que l’on pouvait y voir l’incroyable complexité du squelette humain. Des épaules émaciées et chétives firent leurs apparitions. L’agencement entre la clavicule et l’omoplate étaient si marqué que l’on pouvait presque deviné l’endroit exacte ou ils se rejoignaient. Les bras n’étaient plus des bras. La maigreur était si saisissante qu’ils ne ressemblait qu’à deux bâtons irréguliers et tordus fixés aux épaules. Les poignets étaient ornés de deux boules repoussantes. Enfin la nuque apparut, incapable de retenir la tête qui pendait lamentablement en arrière. La trachée si tendue, si allongée devenait la seule preuve du lien qui unissait le crâne au reste du corps. Le visage était creusé, décharné et difforme à l’instar du corps. Les yeux étaient fermés, recouvertes par des paupières meurtries quasiment dépourvut de cils. Les lèvres inférieures et supérieures, irrités et infectées ne se touchaient pas. La bouche entre ouverte laissait échapper un torrent d’eau ainsi d’un filet de sang permettant de deviner une infection de la langue dût à la boule d’argent que l’on pouvait apercevoir au fond de l’antre buccale. Des cheveux d’un brun terne, emmêlés, gras et effilés, pendaient du crâne aux épaules telle des cordes. Prise d’un soubresaut, le cadavre ramena sa tête contre sa poitrine. La face décharnée de la femme vint pitoyablement rebondir de quelques centimètres pour revenir se heurter à nouveau contre le sternum tel un ballon qu’un gamin aurait laissé tombé puis oublié. Les mains se détachèrent de la baignoire pour plonger dans l’eau. L’inconnue continuait de garder ses yeux fermés. On entendit le bruit d’une chainette et enfin un son guttural, semblable à celui d’une aspiration ou d’un écoulement. Les mains ressortirent tenant, toutes les deux, le bouchon. Le cadavre le plaqua contre lui et ramena ses genoux contre son buste. Le niveau de l’eau baissait lentement, laissant à percevoir des jambes frêles, un entre-jambe stérile, et des fesses inexistantes. Un ramassis d’os. Quand les dernières gouttes pénétrèrent dans le siphon, elle ouvrit les yeux. La petite sursauta violement sortant enfin de sa léthargie. L’inconnue tourna vers elle, un regard d’un émeraude lumineux. Ses yeux était la seule chose que semblait avoir échapper à la pourriture, la maladie, la maigreur et la laideur, qui avait petit à petit grignoter cette silhouette. L’humaine ouvrit un peu plus la bouche et poussa un râle jusqu’à se que ses cordes vocales réapprirent à produire un son. Tu as froid ? L’enfant ne répondit pas. Bien que terrifiée, elle ne voulait pas partir. Ce corps et la folie qui semblait s’en émaner l’obsédait. La femme se mit debout. Elle s’accrochait à tous ce qu’elle put alors qu’elle sortait péniblement du bain. Des gels douche tombèrent, des serviettes glissèrent, la tablette d’une étagère se détacha entrainant ses sœurs et les multitudes de tubes oranges aux étiquettes toutes différentes qui l’ornaient. Malgré le vacarme, aucun des deux êtres présents dans la pièce ne s’en formalisèrent. L’enfant était bien trop obsédé par les os saillants, les creux, les bosses, les lambeaux de chair, les cicatrices qui formaient ce corps pour avoir peur. La femme enfila un peignoir surement plus lourd qu’elle, avec difficultés, luttant contre son manque de coordination. Puis elle s’habilla d’une culotte de coton blanc trop grande pour elle tant est si bien que l’on ne voyait pas de différence entre l’avant et l’arrière. Et c’est la robe de chambre ouverte, les seins ballants, qu’elle s’approcha de la fillette. Sans un mot, la bouche toujours ouverte, la respiration bruyante, qu’elle lui retira sa robe et lui tendis une robe de chambre rose pastel. L’enfant l’enfila. Elle était à sa taille bien qu’elle dut retrousser ses manches. La femme lui tendit une main décharnée que la fillette refusa d’un signe de tête. Je ne veux pas te toucher. L’autre ne réagit pas et sortie. Elle se dirigea dans l’escalier et descendu une à une les marches obligé de faire de longue pause entre chaque. La fille resta derrière elle, attendant patiemment que l’adulte se remette de ses efforts. Une fois en bas, elles pénétrèrent dans la cuisine. L’enfant pris place sur l’un des tabourets et un bras posé sur le plan de travail, elle regarda la femme poussée vers elle le couteau rouillé et le pain rassit qui était à sa droite. Elle se dirigea vers le frigo, l’ouvrit et fit tomber à terre, une barquette de beurre. L’ignorant, elle se tourna vers la petite fille. Cette dernière comprit, elle sauta du tabouret pour venir la ramasser. Puis elle prit d’elle-même la bouteille de lait, suivie le mouvement de tête de l’adulte et attrapa deux bols en porcelaine blanche. Elle y versa le liquide blanc puis s’empara de la baguette qu’elle coupa en deux dans le sens de la longueur. Elle se tartina une première moitié avec entrain. Alors qu’elle s’attaquait à la deuxième, la jeune femme chuchota. Non. Sans l’écouter, elle termina son travail et le lui tendit. Longuement, la femme fixa le pain. Elle tendit sa main et s’en empara. La fillette attendit que cette dernière trempe son pain dans son lait avant de commencer elle-même son gouter. Le repas se fit dans un profond silence que seuls les bruits de mastications brisaient. Puis, quand le pain eut disparut et les bols furent à nouveaux vides, l’enfant regarda l’adulte, attrapa sa robe qu’elle avait posée sur la chaise, enfila le vêtement humide, sorti de la pièce et quitta cette bâtisse sombre et sans lumière. Alors qu’elle tirait le portail, elle entendit le bruit d’un robinet et enfin le bruit de l’eau chutant sur une surface dure. Elle prenait un bain. L’enfant eut un sourire et dit d’une voix forte. Je reviendrais demain. Personne ne lui répondit. La petite fille prit ça pour un oui.



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